Robert Ward Shepherd

    Robert Ward Shepherd est né le 15 décembre 1819 sur une terre agricole située à Sherringham, dans la région de Norfolk. Il fut le premier garçon et le quatrième enfant de John Shepherd et Esther Ward. Il avait 4 sœurs, dont 3 qui étaient son ainée, ainsi que quatre frères cadets.

    (Veuillez noter que la majorité de l’information recueillie au sujet de l’enfance de Robert Shepherd a été tiré de son mémoire qu’il écrit en 1877, à l’âge de 58 ans.  Malheureusement, son mémoire s’étend seulement jusqu’en 1860, alors les 35 années suivantes sont un peu obscures, malgré que nous ayons quelques lettres lui ayant été adressées ou qu’il reçut de sa famille.)

    En 1830, alors que Robert avait 11 ans, sa famille immigra au Canada. Ils prirent le large pour le Nouveau Monde le 26 juillet, et arrivèrent à Québec le 8 octobre, pour un total de 2 mois et demi passés sur mer. La mère de Robert, qui passa les semaines précédant la traversée à préparer toute la nourriture dont ils auraient besoin, pour finalement se retrouver au lit pendant la totalité du voyage pour cause du mal de mer. Elle ne s’est jamais vraiment remise de ses maux, et est décédée à Québec l’été suivant. Le père de Robert s’est donc retrouvé monoparental, la fille ainée ayant 15 ans, et le cadet ayant moins d’un an.

    Après le décès de sa femme, John se rendit à Montréal avec tous ses enfants à l’exception de Robert et Mary, qui restèrent à Québec avec des amis de la famille pour une année de plus. En 1832, Robert Ward Shepherd s’est rendu à Montréal pour rejoindre son père. Étant l’ainé de la famille, l’on s’attendait à ce qu’il travaille, malgré ses 12 ans. Il occupa donc des emplois de diverses natures au cours des années suivantes, comme il l’a décrit dans ses mémoires.

    Il travailla surtout au sein d’hôtels, où il devint à l’aise avec la comptabilité. À l’âge de 17 ans, il était le chef de bureau de l’hôtel « Ottawa ». Son salaire pour la première année était de 9$ par mois, tandis qu’à sa deuxième année il reçut 112$ par mois.

    Au cours de ses années passées à l’hôtel d’Ottawa, il fit la rencontre d’un jeune homme qui travaillait sur un bateau à vapeur basé sur le Canal Lachine. Cette idée lui plaisait bien, et il appliqua immédiatement à 13 bateaux différents circulant entre Ottawa et Montréal, via la rivière des Outaouais et le Canal Rideau. Finalement, il fut engagé par le Capitaine Robins de Cavagnal pour travailler sur le bateau ayant le nom d’« Ottawa ».

    Robert avait alors 18 ans. Après 3 ans de travail à l’hôtel « Ottawa », ne voyant pas beaucoup de possibilités d’avancement, il décida de changer d’emploi et fut engagé peu de temps après par une autre compagnie, cette fois-ci aux commendes du bateau à vapeur du nom de St David.

    Après quelques petites années de travail sur les bateaux à vapeur de M. Robins, ce dernier confia à Robert l’un de ces importants bateaux, le « Oldfield ». En 1846, alors que la compagnie de M. Robins fit la transition de la rivière des Outaouais au fleuve Saint-Laurent, M. Shepherd, ayant accumulé les 5000 livres nécessaires, acheta le « Oldfield », et commença sa propre compagnie, le Ottawa River Navigation Company.

    Au cours des 60 années qui ont suivies, la compagnie fleurit et à son apogée, appartenait plus de 20 bateaux à vapeur, pour le transport de personnes et de marchandises. Il fut aux commendes de bateaux à vapeur jusqu’en 1853, alors qu’il se retira de sa carrière en tant que capitaine, et devint le directeur général de sa compagnie et ensuite le président, un rôle qu’il tient jusqu’à sa mort, en 1895.

    En 1847, Robert Ward Shepherd a marié Mary Cecilia Delesderniers. La famille de cette dernière s’installa à Cavagnal au début du XIXe siècle. Les Delesderniers ont vécu dans la maison Greenwood, et accueilli le jeune couple marier pour la première année de leur union. Après celle-ci, en 1848, le jeune couple se rendit à quelques arpents de Greenwood, dans une maison qui sera connue sous le nom de Rivers Mead.

    Au cours des années suivantes, Robert est devenu l’un des citoyens modèles de la région.  En effet, c’est lui qui fit la demande officielle à la Province du Canada pour renommer la région. Autrefois, la région était connue sous le nom de Cavagnal, mais dans les années 1850, la région était connue sous le nom de « Ottawa Glass Works » en raison de sa seule présence dans la région.

    Lorsque la permission du gouvernement fut accordée, la région reçut le nom de Como, un nom choisi par M Shepherd en honneur du Lac Como, en Italie. Selon lui, la région ressemblait à la région italienne, étant « située sur un beau lac, malgré que le lac Italien était plus grandiose que celui au Canada! »

    En 1860, lors du tour royal d’Édouard VII au Canada-Uni, le prince voyagea sur la rivière des Outaouais à bord d’un des bateaux de Robert, le Prince of Wales. Le prince, qui avait alors 18 ans,  était venu au Canada afin de poser la dernière pierre du parlement canadien, en plus d’inaugurer le pont Victoria, à Montréal. Le Capitaine Shepherd participa aux deux cérémonies, car, en tant que capitaine du bateau sur lequel voyageait le prince, il fut invité aux deux évènements historiques.

    Au cours de sa vie mature, il fut réjoui de la présence de la majorité de ses enfants, qui venaient passer leurs étés à Como, dans l’une des demeures d’été que Robert avait fait construire pour eux. En effet, cette section de Como était connue sous le nom de Shepherd Village. Robert et sa femme, vivant à Rivermead, étaient entourés de leurs enfants et petits-enfants, comptant 8 enfants mariés et 20 petits enfants.  D’après les lettres échangées entre les membres de la famille qui sont aujourd’hui conservés à Greenwood, ils étaient très proches de l’un et l’autre.

    Robert Ward Shepherd est décédé à Riversmead en 1895, et a été enterré au cimetière du Mont-Royal, à Montréal. Mary Cecilia est décédée à Montréal en 1901, et est enterrée au côté de son mari, au cimetière du Mont-Royal.

    L’ainé de la famille, Robert Ward Shepherd Jr., hérita de Riversmead, et leur fils cadet, Del, reçu Greenwood en héritage après la mort de leur mère.

 

Texte recherché et écrit par Eleanor Abbey, et traduit par Catherine Lalonde