Phoebe Nobbs Hyde

        Phoebe Nobbs Hyde, l’arrière petite fille de Robert Ward Shepherd et Mary Cecilia Delesderniers, est née à Montréal en 1910.

      Elle et son frère ainé, Frank, ont grandi à Westmount, mais passaient toujours leurs étés à Como avec leur grand-père, le Dr Frank Shepherd. Leurs étés étaient remplis de plaisir, entre les sessions de pêches avec leur grand-père, les tours de bateaux et les saucettes dans la rivière des Outaouais (la rivière étant jadis bien plus propice à la baignade). Les rues n’étaient pas pavées à l’époque, alors le grand-père Shepherd s’assurait de bien huiler les devants de maison afin qu’un minimum de poussière soit engendré par le mouvement des voitures.

      Entre l’âge de 10 et 14 ans, Phoebe passa ses étés en Nouvelle-Écosse, où son père appartenait une maison d’été. Como lui manquait beaucoup, elle fut donc très heureuse lorsque sa famille décida à nouveau de passer leurs étés à Como, à partir de 1924. 

Comment s’est-elle procurée Greenwood? 

      En 1901, l'année de décès de Mary Cecil Shepherd, Greenwood fut légué à son fils ainé, Del. Del réalisera au cours des années suivantes de grandes rénovations, dont l’aménagement du Salon-est de la maison, ainsi que le hall d’entrée et la chambre à pignons située juste au-dessus du Salon-est. Lorsque Del est décédé, Greenwood appartenait déjà à sa sœur, qui l’avait ensuite échangé avec son frère ainé, Dr Frank Shepherd, qui lui a donné en retour le Rose Cottage. Ensuite, le Dr Shepherd a légué Greenwood à sa fille, Cecil, la mère de Phoebe. Celle-ci, avec l’aide de son mari, a réussi à faire de Greenwood en une belle maison d’été en lui portant quelques soins. Pendant les rénovations, la famille campait dans le jardin de Greenwood, et utilisait le patio de pierre comme cuisine d’été, une expérience que Phoebe a adorée.

      Malgré sa jeunesse, Phoebe rêvait déjà à 14 ans de faire de Greenwood un musée. Plusieurs vieux artéfacts et trésors de famille peuvent toujours être trouvés dans la maison et sont tout autant apprécié appréciés qu’autrefois.

      Lorsque Phoebe eut terminé ses études, elle fut envoyée à Londres, en Angleterre, où elle a suivi une formation en art dramatique, l’une de ses passions. À l’âge de 18 ans, donc en 1928, elle avait déjà rencontré son futur mari, l’officier Andrew MacKellar, lors de son premier voyage vers Londres. À cette époque toutefois, elle devait s'investir à fond dans ses études au Royal Academy of Dramatic Arts (RADA). Son père, Percy, ne voulait pas qu'elle se marie avant de terminer sa formation. Ainsi, le couple s'est seulement marié lorsque Phoebe eut 24 ans, soit 6 ans après leur fiançailles.

      Être marié à un capitaine de bateau suppose un style de vie très unique pour une dame de l'époque. Le couple était propriétaire d’un appartement à Londres, mais Phoebe continua de passer ses étés à Como. Pendant l’été, elle voyait son mari que lors de ses courts séjours à Montréal, qui ne duraient jamais plus de quelques jours par mois.

      C’est au cours de ses étés passé à Como qu’elle commença à organiser des mises en scène shakespeariennes dans le jardin de Greenwood. Sa grande tante, May Robertson, l’aidait grandement dans la réalisation de celles-ci, étant elle-même très enthousiaste du projet et de l’art dramatique. Sept étés de suite, alors que la Guerre faisait rage en Europe, les deux femmes ont mis sur pied le Festival Shakespeare, qui mettaient en vedette les jeunes et les moins jeunes de Como. Cette opportunité était certes très appréciée par tous les participants étant donné que Phoebe leur enseignait les différentes techniques de l’art, dont, entre autres, la locution.

     Après la Guerre, Mrs. MacKellar est retourné en Angleterre, et la vie reprit son cours. Elle commença à livrer des conférences à propos du folklore canadien et amérindien à des groupes de femmes et dans certaines écoles. Elle étudia aussi pendant ce temps au Royal British Museum.

     Chaque été, elle revenait au Canada, et voyageait fréquemment dans les contrées de l’Ouest canadien, où elle visitait différentes communautés amérindiennes pour récolter du matériel pour ses cours et conférences. C'est aussi lors de ses séjours vers l'Ouest qu'elle livra ses premiers monologues et "One Woman Show", entamant une nouvelle période de sa vie artistique.

      C'est à cette époque que la mère de Phoebe, Cecil, lui a vendu Greenwood.

      En 1959, Andrew MacKellar est décédé. Un service commémoratif fut organisé afin de souligner son décès à l’église Sainte-Marie. Nous pouvons y trouver encore aujourd’hui une plaque commémorative en son honneur.

      Bien que le couple ait vécu une vie hors norme, Phoebe assure qu’elle n’aurait pas voulu l’échanger pour une vie plus « normale ». Son seul regret est de ne jamais avoir eu d’enfants.

      L’année suivant le décès de son mari, elle se maria à Reid Hyde, son oncle adoptif. Il avait alors 82 ans et elle avait 50 ans.

      Le couple passa leurs hivers à voyager et leurs étés à Greenwood, qui n’était pas encore hivernisée. Ils ont acheté le Rose Cottage de leurs cousins George et Marydel Robertson. Les Hydes y ont vécu confortablement au cours des hivers suivants, malgré l’état de santé fragile de M. Hyde. Ce dernier est décédé 6 ans après leur union.

      Au cours des 30 années suivantes, Phoebe a vécu en permanence  à Hudson, et s’est facilement intégrée à la vie de communauté. Elle fut la présidente de la Société historique de Hudson, ainsi que du Garden Club. Elle a même conçu un spectacle annuel de fruits et légumes, en plus de contribuer à la publication de livres historiques, sans compter ses heures de bénévolats à l’église Sainte-Marie.

      Phoebe était une femme énergétique qui a vécu une vie bien remplie. Bien qu'elle aimait se tenir occupée, elle appréciait aussi se prélasser près de sa piscine, accompagnée de ses amies et de ses proches.

      Dans son testament, Phoebe légua Greenwood à la société de l’Héritage canadien du Québec, un organisme à but non lucratif dédié à la préservation de maisons et propriétés situées au Québec ayant des attraits esthétiques et historiques. En effet, Greenwood est en soit l'héritage que Phoebe légua à la collectivité de Hudson et des environs. On peut donc dire que son rêve d’enfance s’est bel et bien réalisé.

      Autre héritage qu’elle nous laissa sont certes les transcriptions et vidéo d’elle livrant ses monologues. Elle joua le rôle de plusieurs héroïnes canadiennes, dont Madeline de Verchères, Jeanne Mances, Marguerite Bourgeoys en plus de plusieurs autres femmes britanniques notables.

      Son monologue qui eut le plus de succès serait celui de Sarah Hanson, la femme du premier propriétaire de Greenwood, Jean-Baptiste Sabourin.

 Article écrit par Eleanor Abbey et traduit par Catherine Lalonde